Muse à la cigale : Review


credit photo : Hans-Peter van Velthoven

On savait que voir Muse dans une petite salle en By Request ça allait être un évènement spécial. Quelque chose dont on allait parler pendant longtemps. Une nouvelle référence en matière de awesome setlist. Et on espérait secrètement que le groupe en était également conscient. Qu'ils savaient exactement ce qu'on attendait d'eux.

Le groupe nous propose une liste de 40 chansons. Dont une vingtaine sans réel intérêt pour un tel évènement. Il y a évidemment celles dont on peut prédire la présence dans la setlist du concert (Showbiz, Muscle Museum) mais également celles qu'on aimerait à tout prix voir dans la setlist. (Eternally Missed qui n'avait pas réussi à trouver sa place dans le top 10 lors du dernier By Request, Space Dementia qu'on a pas vu depuis 2011 mais également des options très intéressantes comme Thoughts Of A Dying Atheist ou même Map Of Your Head !).

Il y a aussi le fameux vote des internautes. On suspecte d'avance que c'est ici que se trouvera Citizen Erased. (Du moins je l'espérais de tout coeur).

Le jour fatidique arrive. On croise les quelques musers ayant campé devant (il faisait -7 degrés la nuit (Si c'était des vrais ils auraient joué Big Freeze))). On récupère son précieux bracelet (d'un rose flashy pas très très joli) et on attend tranquillement. Les portes s'ouvrent, on aperçoit des musers jouer leur place à la barrière en traversant la route sans réelles précautions pour entrer dans le bâtiment (la file d'attente était de l'autre côté de la route).
On y va tranquillement (quand le petit bonhomme est vert !) et on attend dans la salle minuscule, bien au chaud.
J'y retrouve les copains de chez Muse France et finalement en l'absence de première partie le concert commence assez vite.

Les lumières s'éteignent. La salle s'embrase. Nos trois musiciens arrivent sur scène et commencent sans tarder avec leur dernier single Thought Contagion. Peu importe l'avis qu'on se faisait de la chanson, on se retrouve à entonner avec toute la foule les choeurs qui accompagnent le riff. On se dit que ça fonctionne plutôt bien en live. À la fin du morceau Matt remercie la foule d'une manière assez surprenante. "On sait que vous n'êtes pas venus pour ça mais merci quand même !". Effectivement il n'a pas forcément tort mais c'était finalement plutôt sympa et en première mondiale s'il vous plaît !.

Le groupe enchaîne ensuite avec Interlude. On sait très bien que Hysteria va suivre, on se dit que les Deep Cuts suivront. Ce morceau intemporel reste néammoins très efficace et on se retrouve à hurler le refrain à l'unisson. On saute, on sent la salle trembler entièrement. Le groupe cloture à son habitude avec le riff de Back In Black et Matt nous annonce enfin "Here we go with the deep cuts !".


credit photo : Hans-Peter van Velthoven

À partir de ce moment on sait qu'on est parti pour du très lourd. Du moins on l'espère. Matt nous annonce une chanson qui n'a pas été jouée depuis 15 ou 16 ans. Tout le monde comprend immédiatement l'allusion à Eternally Missed. J'espère que tout le monde dans cette salle avait conscience du moment unique qu'ils s'apprêtaient à vivre. La foule chante la ligne de basse. Les backvocals de Chris sont précieux. Sur le deuxième refrain un effet vocoder accompagne Matt apportant une sonorité et une ambiance vraiment intéressante. Matt sublime le pont avec de petits motifs à la guitare. Et on arrive au climax de la chanson. Le dernier double refrain qui est une perle sur la version studio notamment grâce à ce backvocal haut perché. Chris va t-il le faire ? Tant de questions me traversent l'esprit à ce moment. On y arrive. Matt se lance dans une envolée lyrique. Chris entonne le refrain, Matt nous offre un sublime falsetto. Je n'ai clairement pas pu me retenir de verser une petite larme (une poussière dans l'oeil certainement).

On a à peine le temps de s'en remettre que les premières notes de New Born commence. Matt fait rugir sa guitare, on ouvre le premier mosh pit de la soirée, autant dire que tout va pour le mieux.

Arrive ensuite Space Dementia Matt s'amuse "I'm going to fuck this one up I guarantee". Et même si on entend effectivement une jolie fausse note sur l'intro le morceau délivre toute son énergie jusqu'à son final triomphant à la guitare. J'ai cru un moment qu'on allait avoir droit à une outro piano hullabaloo style petite déception de ce côté là mais piano ou pas cette outro en ternaire est un délice d'énergie à vivre.
Matt nous offre un petit moment de rigolade "There are probably a lot of americans watching this on facebook like what the hell is this ?" et à en croire Twitter et Reddit les américains l'ont plutôt mal pris.

La prochaine chanson est un choix des internautes. Le meilleur bonus track japonais. Ca se joue entre Fury et Futurism. Fury l'emporte (c'était également mon vote). L'intro toujours aussi efficace et on s'offre même un petit mosh pit sur le pont.

Matt entonne ensuite le riff de Psycho et essaie de la justifier sa présence en nous parlant du riff écrit en 2000 ou 2001 (ndlr : La première apparition du riff était en 1999). Mais Psycho c'est toujours bon à prendre. C'est une chanson à mosh pit et la fosse ne demandait que ça à ce moment là. Le sol tremble. Matt fait couiner sa guitare pendant tout le "solo" c'est un régal.

Nous avons ensuite droit au Helsinki Jam qui peut également être considéré comme une rarities. Il n'avait en effet pas été joué depuis 2011.


credit photo : Hans-Peter van Velthoven

Matt nous dit que la prochaine chanson a remporté le plus de votes et que ce sera probablement toujours le cas. Showbiz bien entendu. Même si je trouve personnellement que c'est une des rares chansons de Muse sonnant moins bien en half-step down c'est toujours jouissif de voir Matt plié en deux en train de gratter ses cordes à la vitesse de la lumière pour nous sortir ce solo si haut perché. Après le morceau il s'exclame à plusieurs reprises "It is a good tune !". Oui oui on le sait bien Matt !

On a ensuite le droit à Uprising. Pourquoi pas, on est pas vraiment venu pour ça non plus mais c'est toujours bon à prendre surtout avec l'outro live qui est propice aux mosh pits !

Arrive ensuite le deuxième choix des internautes entre Citizen Erased et Butterflies & Hurricanes. C'est finalement Citizen Erased qui l'emporte haut la main (avec 72% des votes s'il vous plaît !). Ce riff est un classique intemporel. Le mosh pit est tel que j'en perd mes lunettes ! Heureusement un héro de l'ombre les retrouve rapidement et après un câlin de remerciement c'est reparti ! Je me retrouve face à face avec un muser déchaîné à jouer le solo en air guitare. On vit l'instant on est habité par tous les sons c'est une sensation incroyable.

Le groupe enchaîne ensuite avec Supermassive Black Hole. Tout comme Uprising on est pas vraiment venu pour ça mais bon.

Matt annonce sa chanson préférée d'Origin Of Symmetry et lance Bliss avec un nouvel arrangement pour l'intro absolument magnifique. On a aussi droit au falsetto du dernier refrain et à la version extended débordante d'énergie jusqu'au bout.

Le groupe s'en va. Premier rappel.

On nous annonce alors une vieille chanson. La ligne de basse de Muscle Museum brise le silence et vient déchaîner la foule.

Vient ensuite le classique Plug In Baby arrivée neuvième au jeu des votes à mon plus grand étonnement. Non pas que je ne l'aime pas mais ce n'est pas une Deep Cuts. Elle est jouée avec un effet surprenant à la guitare. On saute, la salle tremble toujours autant. Tom Kirk et ses hommes sont obligés de tenir le matériel pour ne pas que celui-ci ne tombe (à cause de nous !).


credit photo : Hans-Peter van Velthoven

Deuxième rappel.

Les premières notes d'Assassin retentissent. C'est la folie. Je me retrouve à faire de la air batterie au milieu d'un mosh pit. Petite déception, l'outro Grand Omega Bosses n'est pas jouée.

On arrive au dernier morceau. Là encore un choix des internautes. Knights Of Cydonia vs Stockholm Syndrome. J'ai personnellement voté Stockholm Syndrome pour briser un peu la routine. Rappelons que Knights clôture les concerts depuis un bon moment déjà. Pour mon plus grand plaisir Stockholm l'emporte à 51% des votes. C'est le mosh pit final. Enfin.. c'est ce qu'on pensait. Le groupe enchaîne directement sur Agitated puis sur Yes Please pour terminer le carnage sur l'outro de Reapers. On ne peut pas vraiment rêver mieux comme cloture. (Je ne pense pas que ce serait arrivé si Knights avait été choisie, en effet Agitated et Yes Please sont en drop D tout comme Stockholm. Matt aurait donc du changer de guitare à la volée mais c'est un petit flemmard on le sait tous). À ce moment là je n'en peux plus. Mon esprit en redemande mais mon corps est en surchauffe et mon coeur est en grève. Le groupe nous remercie et s'en va.

Maintenant il faut revenir à la réalité, prendre du recul et réussir à s'en remettre.
Ce fut honnêtement mon meilleur concert de Muse. Je l'ai passé avec des gens incroyables et j'ai pu retrouver pleins de connaissances proches ou lointaines dans chacun des mosh pits. (même une ex c'est pour dire).
Petit bémol (mais la je chipote hein). Le groupe a joué 8 chansons du top 10, Dead Star et Sing For Absolution ont été omises. Pourquoi ne pas les avoir joué à la place de Supermassive et Uprising ? Il est clair que vu le public d'ultras elles auraient fait un bien meilleur effet.
Ce fut incroyable et je remercie le groupe ainsi que toutes les personnes ayant participé et donné vie à ce concert et à cette ambiance brulante. Et j'espère que ceux qui n'ont malheureusement pas pu assister à ce concert en personne ont réussi à positiver. J'ai bien l'impression que malgré le virage mainstream que le groupe semble prendre, ils ont compris qu'il y avait deux catégories de fans et j'ai bien l'impression que même s'ils ne chercheront pas forcément à nous contenter lors des gros évènements, ils continuerons à nous proposer ce genre d'occasion unique. (Matt parlait déjà d'en organiser un aux USA). Donc ne perdez pas espoir !
Ça fait déjà plusieurs jours depuis le concert et je m'en remet petit à petit. En toute honnêteté je fais partie de ces gens qui se sont légèrement détourné de Muse ces dernières années car je n'adhérais plus vraiment à leur manière de penser leurs compositions et leurs concerts.
Et bien samedi soir ils m'ont mis des étoiles pleins les yeux et je me suis retrouvé surexcité dans mon lit dans le même état que lorsque j'avais 12 ans. Après mon premier concert de Muse.


crédit photo : Hans-Peter van Velthoven

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