Interview de Matthew et Chris : « Glastonbury est un grand festival. Difficile de dire non … »

ChrisDécouvrez l'interview de Matthew Bellamy et Chris Wolstenholme, réalisée par Faster Louder dans le cadre de la tournée d'hiver en Australie.
Beaucoup d'infos intéressantes pour nous les fans !

"La scène en Australie sera celle de la pyramide utilisée pour les salles en Europe"

Qu'en est-il des dernières semaines ? Qu'avez vous fait ?

C: Nous avons fait une tournée des stades en Europe, nous avons commencé en Mai, il nous reste quatre ou cinq concerts, et nous aurons une petite pause.

Qu'est-ce qui change par rapport à la tournée Black Holes and Revelations et The Resistance ? C'est mieux ?

: Ça a été formidable ! Cet album s'est avéré être mieux en live que les derniers albums. Le concept est vraiment cool, et on a un tas de visuals superbes ! Nous venons de faire la tournée en plein air en Europe, qui a été géniale et qui nous a donné plein d'idées sur comment améliorer les concerts en Australie. La tournée s'est beaucoup développée, et a changé depuis son début. C'est un spectacle raffiné maintenant.

Peut-on s'attendre à la même configuration de scène en Australie que ce que vous faites maintenant ?

C : Non, ça va être différent. La scène que nous apporterons, nous l'avons en fait déjà utilisée avant. C'est celle de la tournée que nous avons faite en Europe et Amérique lors de la sortie de l'album. Donc nous l'avions construite spécialement pour les salles. 

Le stade est un espace beaucoup plus grand, et pas de toit signifie qu'on ne peut pas accrocher quoi que ce soit au plafond, donc il faut évidemment tout repenser. Mais je suis impatient de retourner au shows en salles. Nous avons fait les stades pendant longtemps maintenant, et il sera agréable de changer un peu.

M : Oui, pour la tournée en Australie, on aura cette pyramide avec des écrans vidéo qui descend et qui recouvre le groupe. Donc il y a quelques chansons qui fonctionnent très bien avec ce genre de structure.

On parle de plus en plus de pyramide dans cette interview !

M : (Rires) Ok ! Parlons en plus ! En Bosnie il y a une pyramide (une nouvelle), ils ont trouvé la plus grande ! Je vous dit ! Allez sur internet et cherchez "Pyramide Bosnie".  Vous trouverez des photos de cette grande colline en forme de pyramide. C'est énorme ! Beaucoup plus gros que Gizeh ! (rires)

Matt, tes paroles et ta voix peuvent varier énormément d'une chansonà l'autre en termes de la personnalité que tu projetes. Est-ce que tu créée des personnages à travers ta voix ?

M : Sur The 2nd Law, je m'inspire beaucoup de ma vie personnelle, et je chante en conséquence. Sur  la chanson Resistance, de l'album du même nom, je me suis mis dans la peau d'un personnage. J'imaginais que j'étais le personnage "Winston" du livre 1984 de George Orwell, qui tombe amoureux d'une fille, et qui ont des relations secrètes. J'ai aussi toujours été un fan de Tom Waits, il créée des personnages étonnants. Je ne me considère pas comme un parolier, même je dois avouer qu'il y a certaines chansons où je me suis imaginé à la place d'un autre. C'est un moyen intéressant d'écrire des chansons qui parlent des épreuves de la vie.

 

Est-ce que la setlist change quand le type de concert change ?

C : C'est très difficile, parce que le côté production des choses est si énorme avec nous, tous les trucs de la vidéo et les jeux de lumière aussi. C'est difficile quand tout est prévu pour changer trop la setlist. Je pense aussi que nous avons assez joué de long sets, sur la tournée des stades, ça durait environs 2h10. Sur la tournée des salles nous jouons 1h50. Donc on joue la plupart de nos meilleures chansons de toute façon (rires).

Le truc c'est que peut importe ce que l'on fait, il y aura toujours des gens dans la foule qui veulent entendre des vieilles B-Sides dont tu ne te souviens pas comment les jouer. Mais il y a toujours une petite partie de la setlist -je pense 6/7 chansons- que nous essayons d'alterner un peu, comme ça ce n'est pas la même chose tous les soirs.

MJe pensais que la setlist serait similaire à celle des salles, mais lors du concert des stades, nous avons changé la set up un peu et je pense que ça sera très varié en fait. Il va y avoir un mélange de vieilles chansons et de nouvelles. Quand nous avons commencé la tournée, on jouait beaucoup les chansons de The 2nd Law, mais au fur et à mesure, nous avons apporté de vieilles chansons. En Australie, je pense qu'il y aura une setlist assez équilibrée entre le vieux et le nouveau. Ça va être bon !

"Certains adorent nos albums, d'autres détestent. C'est le genre de groupe que nous sommes. "

 

Cela fait un an que The 2nd Law est sorti; vos sentiments ont-ils changés après avoir vécu avec et joué ses chansons en live ?

C : Je ne pense pas. Pour être honnête, je ne l'ai pas vraiment écouté. Lorsque t'es en studio, tu passes beaucoup de temps à l'écouter, pareil quand tu mixes. Quand l'album est fini et qu'on commence à le répéter pour le jouer en live, on essaye d'oublier l'album, on oublie ce qu'on a fait dessus. Parce que c'est évident qu'il faut travailler pour savoir comment on va sortir le morceau en live, et c'est un peu différent parfois de la version studio. Il est parfois bon de sortir de l'état d'esprit de l'album et de regarder ce que l'on fait comme quelque chose de nouveau. Ca aide à garder la fraîcheur du morceau.

Je ne pense pas qu'il y ait des regrets quant à l'album. Je sais que c'est un joli pack mélangé de chansons, et c'est à peu près la même chose pour tous nos albums. Des personnes adorent ça, et d'autres détestent. C'est le genre de groupe que nous sommes. Et nous avons toujours préféré ce genre de réactions extrême plutôt que des réactions modérées.

Je pense que tu regardes toujours derrière et tu penses à ce que tu a fait. Je repense à notre premier album Showbiz, et je me rends compte que si nous avions fait cet album maintenant ça ne sonnerait pas comme ça. Il est important de ne pas se laisser emporter par ça, et de ne pas avoir de regrets du passé. Tant que t'es confiant dans ce que tu fais à un moment donné, que t'as foi en ça, alors au moins tu peux regarder en arrière et te dire "Eh, c'était bien à l'époque. Mais différent. ". Nous nous sommes sentis comme ça. C'était une bonne représentation de ce que le groupe était à ce moment là.

Certains albums sont éternels, d'autres pas tellement, mais pour beaucoup de groupes, ce que vous pouvez espérer de mieux de leur point de vue, c'est le fait qu'ils soient heureux quand ils l'ont fait.

Et pour cette raison, tu ne doit jamais regarder en arrière et penser "je ferais différemment si je devais le faire maintenant». Et vous ne pouvez pas changer cela. Plutôt que de penser «Eh bien, nous devons ré-enregistrer un album deux ans plus tard», bien sûr vous le ferez pas, parce que vous voulez juste passer à la prochaine étape de votre carrière et de regarder vers l'avant

Tu as plus contribué à cet album. J'ai lu que tu avais de sérieux problèmes avec l'alcool pendant l'écriture de "The Resistance" en 2009 ? Tu te sens toujours connecté avec ces chansons ?

C : J'ai parlé très ouvertement de ce qu'il c'était passé pendant l'enregistrement de "The Resistance". Tout ce que je peux dire c'est que j'ai beaucoup plus aimé l'enregistrement de The 2nd Law que de The Resistance. J'ai un nouveau but dans la vie. Ca faisait trop longtemps que je sombrais dans l'alcool. J'étais isolé sans m'en rendre compte.

Je pense qu'en termes de l'album, je m'en sens fier, parce que j'étais vraiment une part de sa création. Mais je pense que quand tu joue en live, particulièrement avec les chansons plus vieilles, le lien émotionnel est avec la foule. Des personnes m'ont demandé si c'était difficile de jouer des chansons comme "Save Me" ou "Liquid State", et je dois être honnête, quand je chante les paroles de ces chansons, je ne pense pas à ce qu'elles signifient et ce que j'ai vécu. Ca ne rafraîchit pas mes souvenirs. Je regarde juste la foule, et je pense "Est-ce qu'ils aiment ça ?" (rires).

La première année de la tournée The Resistance, c'était vraiment difficile. A certains moments, je ne voulais pas être en tournée.

Qu'est-ce que ça vous a fait de passer le micro à Chris après avoir été le chanteur pendant 19 ans Matt ?

M : Ce n'est qu'une question de temps (rires). Quand le groupe s'est formé, je voulais juste être le guitariste. On avait 15 ans environs. Dans le groupe que j'avais rejoins avec Dom à la batterie, il y avait un  mauvais chanteur et un bassiste. On était un quatuor. On venait d'une petite ville donc il n'y avait personne, personne pour chanter. Donc j'ai commencé à chanter, juste parce qu'il n'y avait que moi. Après Chris nous à rejoint pour la basse et les chœurs, donc quand il chante maintenant, je me sens plus libre pour faire mon truc à la guitare (rires).

 

Chris, votre musique et votre famille sont deux choses distinctes pour vous ?

C : Oui plutôt. A part le fait que j'ai un studio à la maison.

"Nous allons réfléchir au prochain album d'ici Janvier/Février prochain"

Il y a un nouvel album en préparation pour Muse ?

C : Nous en parlons en ce moment. Après les concerts en Australie, ce sera sûrement la fin de la tournée. Je pense que nous allons y réfléchir plus profondémment en Janvier/Février prochain, mais nous en sommes loin pour l'instant. On arrive à un point où on commence à y penser. Qu'allons nous faire pour le prochain album ? Quand allons nous le faire ? Tout est bien pour le moment, nous sommes à un stade où nous faisons les concerts, pas ou nous pensons à comment on va les faire.

Nous ne savons pas quelles directions nous prendrons. Même nous, nous ne savons pas quel genre de groupe nous sommes. C'est difficile. Tout le monde à des opinions différentes. Des personnes préfèrent "Plug in Baby", d'autres "Madness" , "New Born" ou encore "Exogenesis".

J'ai lu que Matt disait que vous étiez celui qui gardait le rock dans le groupe ?

C : Je sais qu'il dit ça. Je pense que c'est juste ma façon de jouer. Cela dépend des choses que j'écoutais jeune. Les groupes que vous écoutez au moment où vous apprennez à jouer un instrument sont décisifs. Quand j'ai commencé la basse, j'écoutais Nirvana, Rage Against the Machine, ou Helmet. Donc quand Matt fait une chanson et que je joue la basse, je garde ce côté "heavy".

Serez-vous à Glastonbury en 2014 ?

C : Je ne sais pas. Je pense que nous aurons déjà fini la tournée à cette période. Mais Glastonbury est un grand festival et c'est dur de dire non.

Traduction par Nans. Source : http://www.fasterlouder.com.au/features/36305/Muse-exclusive-Alcoholism-test-cricket-and-Glastonbury

Une réflexion au sujet de « Interview de Matthew et Chris : « Glastonbury est un grand festival. Difficile de dire non … » »

  1. Cette interview est vraiment génial. Grand merci pour la traduction. J’avais un peu lâché le groupe et son acte, mais je découvre cette très bonne interview avec grand plaisir. Matthew est tout à fait sérieux et dit des choses tout en relation avec la musique ( ce qui manque parfois sur certaines interviews ces dernières années ) et Chris est comme à son habitude d’une grande justesse et de vérité dans ses propos. ça ne métonne pas du tout lorsque Matthew dit à raison que c’est celui qui est resté le plus « rock », ça s’entend et se sent toujours dans ses propos, il vit toujours son rêve de gosse, alors que parfois Matthew et Dominic sont dans le côté très promotionnel, limite commercial.
    Ils n’ont pas été totalement dans ce sens, grâce à l’unité et aux « différences » qu’ils ont chacun dans leur approche et je trouve ça génial.
    Chris est certes plus rare, mais toujours précieux dans ses interviews. Un vrai régal

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