Interview Amazon : « Des origines à The 2nd Law »

Voici une critique qui apparaît sur Amazon UK, qui raconte comment le groupe a commencé, évolué, et ainsi entreprit la création de The 2nd Law.

 

L'énergie. Les Beach Boys. Twelve-bar blues. Les années 80. Les vertiges. Stockbrokers. La thermodynamique. Les Jeux Olympiques. Fred Goodwin. Excess. INXS. Le père de Beck. Le fils de Bellamy…

 

Muse n'a pas décidé de faire l'album le plus ambitieux et glorieux de leur carrière. Comment auraient-ils pu ? Le groupe qui a imaginé "Supermassive Black Hole", "Knights Of Cydonia" et la symphonie "Exogenesis" en trois parties, était déjà bien lancé pour pouvoir être encore plus fort.

 

Mais ils ne sont pas devenu l'un des plus grands groupes sur cette planète - au-delà des 15 millions d’albums vendu dans le monde, 5 MTV Europe Awards, 2 Brit Awards, 8 NME Awards, 5 Q Awards, 4 Kerrang Awards et vainqueur de la Best Rock Album 2011 Grammy; n ° 1 dans 19 pays avec Resistance en 2009; un remplissage d’arénas et de stades à travers le monde - en se reposant sur leurs lauriers.

 

À l’aube de la réalisation de leur sixième album studio, ils ne se seraient privés de chœurs, cordes et instruments à cuivres. Et soyez rassuré: il y aura toujours la fameuse guitare-cassée, le piano-lancinant, l’arrangement orchestral, l’inspiration biblique et la grande réflexion de notre cher Matt Bellamy. Et chose nouvelle, l’album contient deux chansons écrites et chantées par le bassiste Chris Wolstenholme.

 

Mais ce que le groupe, né au Devon en tant qu’amis d'école, a pu faire de différent était ceci : ils ont entrepris les choses plus facilement. Pour la première fois depuis l'aube de leur carrière dans une petite ville en Angleterre, il y a 18 ans, tous les trois vivaient au même endroit lors de la réalisation d'un album. Logé dans et autour de Londres, ils réservaient un studio d'enregistrement nommé « Air » et allaient et venaient comme ils leur plaisaient.
Cette fois ci, les trois membres du groupe étaient à l’unisson. Ils ont eu des jours et des semaines entières ainsi qu’un espace inédit pour expérimenter, explorer, composer, jouer avec des pédales, enregistrer et mixer les chansons du nouvel album.

 

Et cette fois, Muse a acquis de l’expérience en autoproduction avec "The Resistance", dans lequel ils ont pu appliquer leurs connaissances en studio pour ce qu'ils voulaient vraiment accomplir.

 

Il fallait garder l’aspect hostile, et son énergie. Et, judicieusement, cela nous a amené à "The 2nd Law". Un album influencé par le deuxième principe de la thermodynamique, qui théorise le gaspillage inévitable de l'énergie dans une économie.
Il s’agissait de se laisser aller et s'amuser. Après tout, Muse avait gagné.

 

« Nous avons tous eu beaucoup de plaisir à le faire » dit Chris, « et j'espère que vous pourrez l’entendre dans l'album. Il y a un vrai côté positif dans certaines chansons. Et je pense personnellement que tout le monde se sent bien en ce moment. »

 

« On éprouve cela comme la meilleure chose que nous ayons jamais faite » dit le batteur Dominic Howard. « C’est une aventure qui a pu être réalisé. »

 

« Ce fut un jeu d'enfant! » Déclare Matt, toujours aussi heureux de voir que sa chanson Rock-Opéra, "Survival", a été choisie comme hymne officiel des JO de Londres 2012. « À certains moments ça nous a fait rire la manière dont les choses ont sonné différemment. »
Comme Dom le décrit avec précision, The 2nd Law regorge de sons «délirants». C'est exactement ce que Muse avait en tête quand ils se sont posé en Octobre dernier, à l'issue des deux ans de la tournée "Resistance". Dans les quatre semaines, le trio avait rapidement 13 débuts de compo plutôt prometteuses.

 

Après de solides débuts vint de gros hits. Madness, le premier single de l’album bien qu’entrainant, a suscité de nombreuses critiques. Il n’a rien avoir avec du Muse, et pourtant cela reste du Muse.

 

« Je voulais faire quelque chose de vraiment minimaliste » affirme Matt. « Essentiellement, il s'agit de Jazz blues à douze mesures. Je pense que c'est probablement la meilleure chanson que je n’ai jamais écrite. Et l'une des chansons les plus personnelles. Tu as eu une dispute avec ta copine et elle se réfugie chez sa mère pour la journée et tu te retrouves seul en te disant ‘‘Qu’est-ce que j’ai dit ?’’. Je suis sûr que plein de mecs ont connu cette expérience dans les débuts d’une relation où tu penses ‘‘Ouais elle a raison, n’est-ce pas ?’’ »

 

Chris s’y connait en chansons personnelles. Il a contribué à deux chansons de "The 2nd Law", "Save Me" et "Liquid State". La première est toutefois influencée par son groupe préféré, The Beach Boys. « Nous avons écrit deux ou trois albums qui ont été beaucoup plus qu’un concept. Et je pense que c'est bien de se retirer un peu et écrire ce que l’on a vraiment au fond du cœur. Ce qui est un peu difficile parfois, parce que, au final, » rit-il, « vous affichez vos émotions à toute la planète » dit le bassiste.

 

Matt reconnaît que "Big Freeze" parle également de relations. Mais sa différence se situe selon un Dom enthousiaste, avec son son originaire des années 80. Pour moi, cela ressemble à ce que nous vivons ensemble. C’est vraiment intense, claquant, lourd et vif.

 

« Cette chanson ressemble à du INXS ou quelque chose du genre ! » Ajoute Chris, « avec cette grosse caisse claire fermée. Je sais que les gens peuvent trouver ce son un peu ringard, mais c'était quelque chose de nouveau à l'époque. Ce son a traversé une période désormais révolue, mais nous avons voulu l'utiliser et le rendre un peu plus actuel. La chanson est donc un peu influencée par U2  - le mélange de toutes ces petites choses ensemble, font croire qu’elle a été enregistrée cette année ».

 

"Supremacy" qui ouvre l'album a été l'un des premiers morceaux que  Muse a travaillé. Les premiers essais de Matt ont conquis immédiatement Chris, car tout était déjà bien en place. Ça commence et on pense que c'est sale, c’est du grunge, du métal ... une chose » il sourit. « Puis au moment où on arrive au couplet on entre dans de la pure musique de film. A ce moment-là j'ai dit à Matt que ça me rappelait les Wings. »

 

« Nous étions en train de superposer des tonnes et des tonnes de caisses claires » ajoute Dom. « Il y avait énormément de timbales et de tambours, de basse et de percussions bizarres. L'idée est que le rythme devait sonner comme une fanfare, juste derrière l'orchestre.

Ça s’est senti comme quelque chose de différent », poursuit-il. « Nous souhaitions vraiment qu’elle sonne comme une chanson taillée pour les stade. On pensait comme ça quand on l’a enregistré. Nous avions une grande installation, et la salle tremblait au son de la batterie. Puis, le couplet prend un chemin complètement différent du riff, c'est un petit clin d'œil à Ennio Morricone qui nous a influencé dans "Knights Of Cydonia" ».
Les bandes originales de film, affirme Matt, sont depuis longtemps une source d’inspiration pour lui. Dans "The 2nd Law", cet enthousiasme se complète bien avec son amour de la musique classique. Dans les précédents albums de Muse, on sait que ses excursions orchestrales ont été influencées par Rachmaninov et Berlioz. Cette fois, les inspirations venaient de compositeurs contemporains et de légendes d'Hollywood tels que Hans Zimmer et John Williams.

 

« J’adore ce gros son que l’on retrouve dans les films d’action, de science-fiction, et délirants » dit Matt. Les résultats de cette passion étaient deux fois mieux qu’espéré. Tout d'abord, Muse a passé trois semaines à Los Angeles à travailler avec les meilleurs compositeurs de films, recrutés et supervisés par David Campbell. Puis, Matt a écrit une suite à deux volets pour fermer l'album "The 2nd Law", avec "Unsustainable" et "Isolated System", qu'il envisage comme «une espèce de bande-son». Là encore, Campbell a joué un rôle important, en transcrivant les arrangements orchestraux écrits par Matt.

 

Cet album à deux faces montre une autre manière de voir Muse.

 

« J’aime aller là où il y a des pogos » sourit Matt, « et désormais pour en voir il faut aller à un concert où on regarder un mec avec un ordinateur portable. Donc, notre défi avec Unsustainable était de créer une chanson de ce style, mais de la jouer avec de vrais instruments. Une version plus naturelle de ce nouveau genre électronique qui part dans tous les sens ».

 

"Follow me" est plutôt tournée digi-rock. Cela ressemble à du Justice. En fait, tout a commencé par une démo que le groupe est le premier à décrire comme un «essai» dans les règles de l'art du rock, en trois parties. Mais comme l'ambition du groupe était de casser avec les habitudes, ils ont décidé de complètement changer l'orientation de la chanson, en y ajoutant des rythmes dansants et expérimentaux. « Puis nous avons décidé d'aller encore plus à fond et nous l'avons remixé » dit Chris, qui rappelle que le groupe a décidé de confier la finalisation de la chanson au producteur Nero.

 

« Nous étions heureux de nous retirer complètement du processus d’écriture » acquiesce Matt. Eh bien, pas tout à fait, Follow Me est la seule chanson dans "The 2nd Law" qui a été directement influencée par un chanteur devenu père l'an dernier. Ce que l’on entend au début de la chanson ? C’est l’enregistrement des battements de cœur de son fils qui n’était pas encore né.

 

Comme toujours, lorsque Matt en vient à l'écriture des paroles, il aborde des thèmes aussi bien grands que petits. Au départ, "Animals" et son côté funk a commencé avec un délire, et désormais, dans sa version enregistrée, elle se termine avec un sample contenant des hurlements provenant de Wall Street.  « C'est une chanson à l’attention du monde de Fred Goodwin » dit Matt en parlant du banquier britannique disgracié. « C’est regarder les personnes qui jouent un rôle déterminant dans la réduction de pays entiers. »

 

Les paroles et les idées de la chanson "Explorers", sont celles que l’on retrouve dans le titre en deux parties, on retrouve un côté plus philosophique, sur l'épuisement des énergies et ressources de la planète. Mais il en va de même avec cette théorie thermodynamique pour le flux et reflux de la passion dans les relations, comme entendu dans "Big Freeze" et "Madness".

 

Mais comme Chris le souligne "The 2nd Law" est loin d'être un album sombre. « Il y a des nuances négatives, bien sûr. Mais cet album est censé permettre aux gens de trouver des réponses à ces nuances, et ils se retrouvent ainsi dans les choses que nous faisons dans la vie quotidienne. C'est quelque chose de positif. »

 

Dans tous les cas, dans un album qui comprend "Survival"  une chanson dans le style «épique» et une chanson inspiré de Queen comme "Panic Station",  en définitive, on ne peut le prendre au sérieux. « Nous n'avions pas peur de faire une chanson juste pour danser » dit Matt en repensant à cette dernière chanson, enregistrée avec un ensemble de cuivres classiques comprenant des joueurs de Chicago (dont l'un qui joue dans "Superstition" de Stevie Wonder).

 

« Il y a un côté excentrique dans cet album qui le rend amusant » dit le chanteur. « Je ne pense pas que l’on se prend trop au sérieux, même si certaines paroles le sont. »

« J'irais même jusqu'à dire que nous avons eu de bon moments de rigolades en faisant cet album » conclut Matt avec gaieté. « Les esprits étaient en hausse, bien plus que sur n'importe quel autre album de Muse, c'est sûr."

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